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J’irai dormir chez vous en Normandie

J'irais dormir chez vous en NormandieStop et porte à porte pour rencontrer et être accueillis chez les habitants …

J'irais dormir chez vous en Normandie

La genèse …

Nous y sommes !

Après des mois de rêves et des semaines d’hésitations et tractations, le rendez vous est pris ! Nous partons Elise et moi le lundi pour 800 km de stop en direction de Millau pour y rencontrer les habitants et essayer au maximum de partager des moments de vie auprès d’eux !

N’ayant trouvé de compagnon de fortune, j’ai fait part de mon envie d’aventure sur un site spécialisé de voyage. J’y reçois quelques réponses dont la première d’Elise avec qui l’idée devient petit à petit un réel projet …

Nous nous retrouverons à Amiens, équidistant de nos villes de départ, pour le début du périple.

Antoine de Maximy et Nans et Mouts nus et culottés j'irai dormir chez vous

Les sources d’inspiration

J1 Le départ d’Amiens …

Après 1h30 de covoiturage respectif, le premier contact est excellent, nous sommes enthousiastes et impatients. Nous bricolons une pancarte et levons le pouce au niveau de la barrière de péage après 1 km de marche derrière la bande d’arrêt d’urgence.

Au bout de 15 minutes de stop, une première voiture nous ouvre ses portes, celle de la gendarmerie fâchés de nous voir piéton sur l’autoroute. Le ton devient très vite plus cordial et ils nous délivrent quelques conseils en nous redéposant au point de départ, un rond point à l’entrée de l’autoroute, lieu le plus propice selon nos chauffeurs.

Mais le trafic est faible et l’objectif Millau devient compliqué au fil des minutes égrainées. Nous nous résignons à trouver l’hébergement sur Amiens pour choisir une nouvelle destination covoiturée et matinale le lendemain.

Après quelques ballades dans les parcs et hortillonnages amiénois, nous sommes accueillis par Aurore, Marc et leur petit bout Allan qui se sont spontanément proposés après lecture de nos débuts délicats via couchsurfing. Ils habitent Flesselles, un village à proximité d’Amiens. Nous passons une très chouette soirée tels des amis de longue date à réécouter notamment le sketch de Coluche « l’auto stoppeur » proposé avec beaucoup d’humour par Marc : « Pour nous l’idéal c’est de tomber sur des mecs hypers sympas qui nous invitent chez eux. [...] Y en a même ils nous donnent du pognon ». Nous pourrons le resortir le lendemain avec notre chauffeuse.

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Hortillonnages amiénois

Nous profitons de l’accès à internet pour envisager une nouvelle destination. Elles sont nombreuses via covoiturage, mais complètes jusqu’à ce qu’Elise entre « Valognes » dans la zone de recherche en grossissant de plus en plus sur la carte de France. Il reste 2 places. Nous ne connaissons pas la Normandie. Nous en ferons notre nouvelle destination.

J2 Direction Valognes …

Nous traversons le pont de Normandie dans la voiture de Maud, prof très sympa qui profite des vacances pour rendre visite à sa famille autour de Valognes.

Nous arrivons à 13h et visitons « le bar des voyageurs », un signe pensait-on. On fait part de nos projets et avons un certain scepticisme en réponse, « les gens sont méfiants ». Valognes est trop gros pour nous (7000 habitants) et embarquons en stop vers Bricquebec (3000 habitants) où nous visitons le joli château. Mais c’est encore un peu gros pour nous qui visons davantage les fermes isolées pour proposer une aide potentielle en échange de l’hébergement.

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L’église de Valognes

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Le château de Bricquebec

Nous quittons Bricquebec pour une bonne marche en forêt, un homme nous fait avancer de quelques km et nous arrivons dans un minuscule village, La Valdecie où nous frappons aux premières portes. Notre première rencontre est celle de deux jeunes bricoleurs qui nous redirigent vers le maire. D’après ce dernier, les villageois sont pour la plupart des anciens assez fermés, il nous conseille un autre village quelques km plus loin.

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Stop efficace sur les routes normandes

Aux abords de Saint-Jacques de Néhou, une gentille vieille dame nous ouvre avec laquelle nous discuterons 20 minutes sans réussir à être assez persuasifs. Quelques hectomètres plus loin, nous apercevons une brouette de pommes avec une pancarte « servez-vous ». Ca tombe bien, l’estomac gronde quelque peu. La propriétaire des lieux discute avec un homme qui lui rachètera sa remorque. Nous les interrompons avec ces seuls mots : « Bonjour nous sommes des voyageurs de passage et nous cherchons l’hébergement chez l’habitant. »

La femme nous regarde, esquisse un large sourire et nous répond : « Avec plaisir ! »

Nos esprits en frissonnent encore devant tant de confiance, de solidarité et de simplicité. Notre joie s’en retrouva plus décuplée encore quand la minute suivante sonna l’heure de plusieurs heures de pluie que nous ne passerons pas sur les routes.

Nous passons toute la soirée à discuter avec Béatrice qui vit seule dans la maison, ses enfants poursuivant leurs études beaucoup plus loin. Elle nous parle avec émotion de son mari décédé mais avec des yeux rayonnants quand elle évoque son fiancé vivant à Caen et les fantastiques voyages qu’ils ont partagé ces dernières années.

Dans les toilettes est affiché ce petit mot qui attire mon attention :

Entre ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis,
Ce que vous voulez entendre,
Ce que vous croyez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous croyez en comprendre,
Ce que vous voulez en comprendre,
Et ce que vous comprenez,

Il y a au moins dix possibilités de ne pas se comprendre !

Mais Essayons quand même !

Elle nous propose des crêpes et nous avons du mal à l’assister tant elle efficace. Jambon, oeuf, tomate, pommes de terre, gruyère, salade, cidre et vin pour un repas excellent et une rencontre merveilleuse qui comble tous les espoirs que nous avions d’entreprendre un tel voyage.

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Les crêpes avec Béatrice

Nous dormons dans la chambre de sa fille dans deux lits très confortables. Au petit déjeuner, nous terminons les crêpes de la veille avant que Béatrice nous propose de nous avancer sur notre route. Elle nous dépose 10 km plus loin sur le chemin de la Hague qu’on annonce incontournable pour les visiteurs de passage.

Nous quittons Béatrice avec un brin d’émotion dans nos 6 yeux, la voiture s’éloigne et dévoile un autocollant collé à l’arrière du véhicule : « Gentil, et fier de l’être », tout était écrit …

J3 Carlos, la plage, Vauville …

Déposés sur la route de Les Pieux, nous avons 12 km à parcourir pour atteindre le village. Nous en faisons la moitié à pied en levant le pouce sans succès avant que ne s’arrête … Carlos !

Carlos est un ouvrier portugais spécialisé dans la soudure. Il parle 5 langues fruit de ses voyages aux Etats-Unis, au Gabon, aux Emirats Arabes Unis, en Allemagne, en Italie où il a travaillé. Il vit seul en Normandie depuis 3 ans quand femme et enfant l’attendent chaque été au Portugal lorsqu’il va les rejoindre. « C’est comme ça. » nous confie-t-il. Carlos a besoin de voyager et ne saurait vivre au Portugal malgré la présence de ses proches.

Un autre besoin anime Carlos, c’est celui d’aider les autres autant qu’il le peut et ce, pour son plus grand plaisir.

Il nous raconte qu’il prend des auto stoppeurs aussi souvent que possible et qu’il n’hésite pas à faire des dizaines de kilomètres de détour pour les aider jusqu’à ramener un touriste chinois jusqu’à la frontière belge !

Il nous propose de se joindre à lui pour son rituel d’avant boulot, prendre un café au bar de Les Pieux. Malgré une tentative de règlement de l’addition, il est le plus prompt et emporte la note globale.

On grimpe à nouveau dans la voiture et il nous embarque pour une visite guidée des lieux 5 étoiles ! De l’EPR (centrale nucléaire) qui fait débat dans la région, à la plage de Flamanville où on s’arrête profiter de l’air marin et des nombreux chars à voile qui y circulent jusqu’au château du village.

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Avec Carlos sur la plage de Flamanville

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Le paradis des chars à voile

Il est comme ça Carlos, le genre d’homme qui n’aime pas les GPS et qui met 1h30 de plus pour revenir d’une soirée parce ce qu’il s’est égaré mais très positif « Ca permet de voir des endroits où je ne serai jamais allé. »

A regret, l’heure du boulot approche « C’est dommage, je vous aurai bien accompagné jusqu’à la pointe. » Nous quittons Carlos d’une poignée de main très chaleureuse et reprenons notre chemin.

Nous choisissons l’option rando et abandonnons la route. La plage est superbe et nous voyons un village au loin. Nous décidons de l’atteindre sans savoir qu’il se trouve en réalité 12 km plus loin …

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Direction le sentier des douaniers

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12 km de plage jusqu’à Vauville

Il fait beau, nous apercevons les îles anglaises de Jersey et Guernsey au large (nous captons d’ailleurs le réseau anglais des plages normandes, attention à la surfacturation). Cette splendide vue sur l’horizon m’a mis en tête une chanson pour tout le reste de l’aventure mais que je reprenais pas trop fort pour protéger les oreilles de la pauvre Elise … Jersey de Granville (également nom d’une ville quelques kilomètres au sud de notre position).

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Bunker sur la plage

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elise-plage-sableEn marge de la plage se trouvent quelques dunes recouvertes d’herbe que nous escaladons pour varier un peu le décor. Très confortables, nous en profitons pour faire une petite sieste sous le soleil et le vent normand. Nous suivons l’itinéraire du chemin de Grande Randonnée 223, le sentier des douaniers avant de redescendre sur la plage admirer véliplanchistes et autres kite-surfeurs sur la plage de Vauville.

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Les dunes de Flamanville

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Sieste sur les dunes

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Véliplanchiste à Vauville

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Kite surfeur

Nous décidons de chercher l’hébergement dans ce magnifique village hélas constitué de nombreuses maisons secondaires vides. Nous faisons 4 fois le tour du village pendant près de 2 heures et essuyons de nombreux échecs malgré une gentille mamie qui nous propose son garage faute de mieux.

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A la recherche d’hôtes

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Un charmant petit pont

vauville-normandieEt lorsque notre optimisme se fragilise, une voiture s’arrête à nos côtés.

L’île aux enfants …

Une femme nous propose de nous emmener en haut de la côte que nous feignions d’entreprendre. Elise explique notre situation et demande si éventuellement elle pourrait nous accueillir ce soir. Elle nous annonce qu’ils sont complets ce soir mais après réflexion, elle trouve un arrangement et nous propose de monter.

Nous retrouvons aussitôt un enthousiasme à toute épreuve, soulagés de quitter les recherches et de pouvoir partager de supers moments avec toute la famille et quelle famille !

Philippe, Christelle et leurs enfants Jules et Louise accueillent les parents de Christelle ainsi que deux amis des enfants, Martin et Irène venus à l’occasion des vacances profiter d’un stage de percussion organisé par l’association artistique et culturelle du village dans laquelle Christelle et Philippe sont très impliqués.

Nous arrivons en pleine récolte d’immenses poireaux du jardin qu’il faut laver, couper, cuire et stocker. Nous nous joignons avec joie au circuit pendant quelques heures tout en faisant la connaissance avec la famille.

Philippe est agriculteur, Christelle est institutrice reconvertie dans l’agriculture pour profiter davantage de ses enfants  et tout deux très débrouillards tant ils se sont investis dans l’isolation de la maison avec des murs en torchis qui assure un confort thermique limitant profondément le recours à d’autres moyens de chauffage. André et Marie-Odile, les grands-parents sont adorables, les enfants sont drôles et très sympas. On se sent très vite à l’aise et c’est frappant à quel point cela paraît naturel à tout le monde d’accueillir et inviter 2 inconnus à partager la vie intime de la famille, on y croirait presque en faire partie …

Nous partageons l’apéritif et un repas très chaleureux au sein de cette tablée de 10 personnes hors normes douées d’un sens d’hospitalité et de partage extraordinaire qui nous ont très vite fait oublier le fait de n’avoir atteint le Larzac.

J4 Le petit village du bonheur, Omonville-la-Rogue …

Avant de quitter nos hôtes, nous partageons un copieux petit déjeuner avec une partie de la famille. Philippe nous confie quelques adresses d’amis que l’on pourrait rencontrer sur notre route en fonction de notre avancement.

André se propose de faire un bout de route avec nous et nous fait visiter l’observatoire aux oiseaux au bord du marais de Vauville avant de nous conduire le long de la côte s’arrêtant à chaque vue sur la plage et ses falaises. Il nous propose de nous emmener encore plus loin pour faciliter l’atteinte du village d’Omonville que nous prévoyions. Après Carlos la veille, nous profitons une nouvelle fois de l’extrême gentillesse d’André qui s’avère être un super guide local. Il nous laisse sur le GR aux falaises du nez de Jobourg. Nous poursuivons notre route sur le magnifique sentier escarpé des douaniers le long de la côte.

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Les marais de Vauville

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Ballade avec André

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L’observatoire aux oiseaux

Nous pique niquons à Auderville avec vue sur la mer avant de redescendre sur la plage et visiter quelques bunkers de la seconde guerre mondiale qui s’y trouvent encore.

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Les falaises du nez de Jobourg

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Le phare de Goury

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Le sentier des douaniers

Après quelques tentatives de ricochets sur la plage, nous faisons une halte à Omonville-la-petite où repose le poète Jacques Prévert qui s’amusait « Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. »

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Tombe de Jacques Prévert

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ane-normandie (2)Après une nouvelle journée de marche bien remplie (15 à 20 nouveaux kilomètres), nous arrivons à Omonville-la-Rogue munie de l’adresse d’amis de Christelle et Philippe. Nous trouvons la rue et disons bonjour à une dame en passant qui charge la voiture avant un probable départ pour le grand week end de la Toussaint. En regardant les numéros de rue, on se rend compte que la dame était la personne recherchée et nous remontons lui parler avec ces mots :

« Bonjour vous êtes Françoise ? (elle nous confirme) Nous avons dormis chez vos amis Christelle et Philippe hier et ils nous ont donné votre adresse pour vous rencontrer ce soir … »

Sa réponse a été spontanée et résonne elle aussi encore dans nos coeurs …

« C’est dommage on part ce soir mais on vous laisse la maison (grand sourire). »

Elle n’a pas été prévenue de notre passage mais est prête à laisser sa jolie maison a deux inconnus se présentant sur son seuil … Quelle claque ! Et ce n’était que le début !

Françoise nous fait visiter la maison et est presque gênée de ne pas avoir plus de choses à nous proposer pour le repas du soir. Elle nous confie qu’avec Patrice, son mari, ils doivent rejoindre leurs enfants partis avec les grands-parents dans le Sud des Côtes d’Armor pour le week end. Patrice peut arriver d’une minute à l’autre et le départ semble imminent.

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Essayant de raviver la flamme

En l’attendant, Françoise nous offre le thé devant la cheminée. Elle nous raconte comment ils ont connus Christelle et Philippe avec qui ils se démènent pour offrir aux habitants de la côte, le loisir de jouir d’activités culturelles et artistiques trop souvent réservées aux citadins faute de moyens.

A l'heure du thé avec Françoise

A l’heure du thé avec Françoise

Patrice arrive quelques heures plus tard et nous voit partager un verre de vin quand Françoise lui annonce que l’on passerait la nuit ici … Patrice se joint à nous avec un enthousiasme débordant, Le départ est repoussé et l’apéritif prolongé avec ce couple extraordinaire.

Résolus à partir, ils nous proposent de rencontrer leurs amis dans le village. Mais pas de chance, beaucoup ont déjà quitté les lieux pour le grand week end. Patrice fait tout le tour du village en moto histoire de voir si ces derniers ne sont pas en ballade. Nous ne rencontrerons pas Jacques le septuagénaire dont ils nous ont beaucoup parlé. Diplômé de droit reconverti pêcheur, c’est en parti de lui que vient la fabuleuse ambiance du village. Ils nous racontent une belle anecdote quand des touristes venaient au resto du village pour manger mais que celui-ci était complet. Les finlandais demandèrent au patron où ils pourraient se rendre pour diner, et le patron leur donna l’adresse de Jacques, sans préciser que c’était celle d’un particulier. Les vacanciers frappèrent à sa porte et demandèrent s’il était possible de manger. Jacques les accueilli sans vendre la mèche et proposa un plat unique, une omelette maison. Les finlandais comprirent qu’ensuite qu’ils n’avaient pas frappé à la porte d’un restaurant mais à celle d’un homme extrêmement accueillant et naturel qui les a accueilli au pied levé. Il faudra revenir pour le rencontrer …

Les amis absents, Françoise nous confie que son amie et voisine a laissé sa maison pour les vacances à ses amis parisiens. Françoise ne les connais pas mais nous propose de les rencontrer. Nous perturbons le repas du couple et ses 3 enfants. Séduits par notre histoire, ils nous invitent à partager leur soupe. Françoise et Patrice nous quittent. Lui est prof d’Histoire, elle journaliste intervieweuse pour un journal d’adolescents. Nous partageons un super moment en leur compagnie bien que nous ayons un peu mis en péril le programme de soirée des enfants …

De retour chez François et Patrice, on décide avec Elise de fabriquer un petit souvenir sympa à envoyer à tous les hôtes qui nous ont accueillis. Cela nous prend plusieurs heures que nous traversons avec un petit verre de vin laissé et encouragé à partager par nos hôtes. Entre temps, Patrice donne un petit coup de fil pour nous proposer quelques adresses d’amis à Cherbourg si nous éprouvons des difficultés. Encore une splendide journée pleine de partage, de sourires et de solidarité. Nous partions avec l’espoir de faire de belles rencontres, cela dépasse toutes nos espérances !

J5 Les parapluies de Cherbourg …

Après un bon petit déjeuner, nous profitons d’un peu de détente avec quelques notes de piano et tous les câlins de l’adorable Nino, le chat hôte de ces lieux. Nous rencontrons la femme de ménage surprise (et surement inquiète) de voir la maison occupée. Très vite rassurée, nous discutons quelques minutes avec cette femme sympathique et très active avant de reprendre le chemin de notre randonnée devant le port d’Omonville.

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Au port d’Omonville

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Le sentier des douaniers est toujours aussi agréable bien qu’humide et parfois boueux. Le temps est bon, nous sommes surpris de ne pas avoir froid et de voir régulièrement le soleil, quelle chance !

Première erreur stratégique, nous n’avons pas de pique nique et il n’y a pas de village avec un bonne douzaine de kilomètres que nous parcourons jusqu’à Urville où nous trouvons une boulangerie ouverte à 15h un jour férié.

Le temps est menaçant, Cherbourg est encore loin, nous décidons de lever un peu le pouce et de rejoindre la ville en stop. Succès instantané, la troisième voiture au bout de 35 secondes s’arrête et nous y emmène d’un trait quand la pluie commence à tomber abondamment et ce, pour les 10 heures qui suivront.

Nous nous offrons une petite pause dans un bar Cherbourgeois après une petite visite avant de contacter les amis de Patrice et Françoise. Pas de bol, ils sont complets ce soir mais François nous propose son bateau si jamais nous sommes en difficulté.

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Petite pause à Cherbourg

Nous nous retrouvons presque par hasard devant l’auberge de jeunesse devant laquelle nous souhaitions observer les tarifs quand le téléphone sonna. C’était Véronique, la compagne de François qui nous annonce que finalement les enfants sont en vadrouille et que si nous le souhaitons, nous sommes les bienvenus. Nous acceptons avec grand plaisir et les rejoignons quelques heures plus tard après quelques ballades fort pluvieuses.

Véronique est psychologue, François est comédien professionnel et dessinateur. Pas de doutes, on comprend très vite pourquoi ils s’entendent très bien avec Françoise et Patrice, ce sont des personnes extrêmement chaleureuses qui partagent une philosophie de vie très humaniste.

L’apéro et le repas s’attardent jusqu’aux premières heures du jour suivant malgré le départ de François, de réunion professionnelle un vendredi soir de jour férié.

J6 Caen, la ville aux 100 clochers …

Nous profitons d’un super petit déj au miel en compagnie de François qui nous raconte sa semaine passée avec le cousin de Patrice apiculteur, une chouette expérience.

Nous quittons nos supers hôtes avec l’objectif d’atteindre Caen en soirée. Un gentil monsieur nous propose de nous emmener à la sortie de la ville avant d’être pris rapidement par un électricien jusqu’à Caen.

L’occasion de visiter la jolie ville et tous ses clochers, son château dans lequel s’est réfugié Guillaume le conquérant et la petite Pise locale (dixit Stéphane), une église penchée et soutenue par d’importantes poutres en bois pour éviter l’effondrement (l’église ayant beaucoup souffert des bombardements de la seconde guerre).

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L’église « penchée » de Saint Jean

Nous sommes accueillis par Stéphane que nous avons sollicité via Couchsurfing. Un couchsurfer top aux plus de 100 références après ses voyages autour du monde et qui nous attend avec une très bonne tarte aux pommes maison et qui nous propose de partager un moment avec un ami dans un super resto fromager de Caen « Maître Corbeau », un régal. Il nous propose ensuite une chouette visite nocturne de la ville, des quartiers anciens aux cours intérieures.

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Chez maître Corbeau

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Visite de Caen by night

De retour à l’appartement, nous passons quelques heures à chercher une possibilité de retour à Lille et Reims faisant face à une demande importante des usagers du covoiturage. Nous trouvons finalement tout deux un itinéraire qui nous emmène à Rouen pour une petite escale avant le retour dans nos contrées respectives.

J7 Halte à Rouen sur le chemin du retour …

Dernier jour de l’aventure, Isabelle nous dépose à Rouen où nous faisons une dernière petite ballade touristique.

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La cathédrale de Rouen

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Le donjon Jeanne d’Arc

L’aventure se termine, c’est l’heure des aux revoir, heureux d’avoir vécu une expérience extraordinaire, fiers d’être allés jusqu’au bout, soulagés de rencontrer du monde encore prêts à s’ouvrir l’inconnu, grandis d’avoir fait des rencontres incroyables, impatients de recommencer dans une autre région à la rencontre d’encore plus de personnes et leurs histoires …

Merci Elise.

Une petite phrase qui résume bien notre voyage …  » En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement que le voyage commence … » Nicolas Bouvier (merci Billy)

En musique

(Peu de photos de nos hôtes car nous avons choisi de profiter des moments partagés)

Et si je venais frapper à votre porte, m’accueilleriez vous ?

2 reflexions sur “J’irai dormir chez vous en Normandie

  1. Didier

    Salut Germain ! Ben tu vois, ma journée avait commencé un peu bof bof…puis je me fais un café et je consulte ma messagerie. Puis je tombe sur ton commentaire sur mon blog mahorais (pas mayottais voyons !!! t’inquiète, moi aussi avant d’aller là-bas, je ne savais pas trop comment les appeler…d’ailleurs je ne savais même pas où c’était Mayotte !) Bref, du coup je vais voir ton article j’irai dormir chez vous. Et ça fait du bien. Tout simplement. Des beaux moments, des rencontres qui réchauffent…
    Alors du coup je réalise que ma journée n’est pas si bof que ça ! Alors merci !
    A plus !
    Didier (ps: ouais si tu venais frapper à la porte y a des chances pour qu’on t’accueille!)

    1. Germain Godin Auteur de l'article

      Oops pourtant j’ai lu le mot « mahorais » mais j’ai pas fait l’association …
      Merci pour ton commentaire Didier, content que cela puisse réchauffer les coeurs !
      Peut-être à bientôt alors si je frappe à votre porte ;)

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