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Les Canaries et la Transgrancanaria

L’hiver français et le besoin d’évasion

Février …

L’hiver en France est encore bien installé. Les écharpes sont nouées autour des cous, les gants sont dans toutes les poches et les peaux sont encore toutes blanches tant elles sont privées de soleil depuis de longs mois …

Le printemps approche, mais pas assez vite ! Pour casser la routine de l’hiver, quoi de mieux que de s’envoler 5 jours aux Canaries ?

Les Canaries c’est où ?

Les Canaries sont un archipel de sept îles dont les principales sont celles de Lanzarotte, de Fuerteventura, de Gran Canaria ou de Ténérife la plus grande et la plus élevée. Elles sont située au large des côtes du Maroc d’où son climat subtropical. C’est une communauté autonome espagnole dont la plus grande ville, Las Palmas, est la 9e plus peuplée d’Espagne avec près de 400 000 habitants pour 2 millions sur l’ensemble de l’archipel !

snip_20170228200610snip_20170228200656Pourquoi les Canaries ?

D’abord parce que ce n’est pas très cher il faut l’avouer, 3000 km pour un billet aux alentours de 200 € aller / retour, c’est assez rentable sur le rapport distance / prix / dépaysement.

Mais aussi parce que tous les ans au mois de février se court la Transgrancanaria qui réunit près de 4000 trailers d’une quarantaine de pays différents sur des distances allant de 265 km pour les plus chevronnés à 17 km. Un certain nombre des meilleurs trailers mondiaux s’y retrouvent pour disputer ces courses qui font partie de la Spain Ultra cup (pour le 125 et le marathon) et surtout de l’Ultra trail World Tour pour le 125.

Pas question de performance pour ma part, après un hiver passé à améliorer les chronos sur courte distance, j’ai choisi de m’engager sur le marathon de Gran Canaria pour débuter une préparation trail longs et pour simplement profiter du cadre somptueux qu’offre l’île de Gran Canaria.

Logo-Trans-básico1Le tourisme de masse à Maspalomas

Nous logerons à Maspalomas, théâtre de toutes les arrivées des courses de la Transgrancanaria, nous occuperons un petit studio bien agencé avec une chouette terrasse et une belle piscine partagée avec les autres apparts du « campo internacional », comprendre : le parc à touristes !

1_11_piscine_maspalomasSi vous cherchez un peu d’authenticité, fuyez Maspalomas ! De nombreux quartiers sont constitués d’appartements identiques et concentrés autour d’une immense clôture séparant les « différents » camps. On a l’impression que ces quartiers poussent comme des champignons pour accueillir une vague touristique de plus en plus déferlante. Un grand centre de vacances jouxte notre camp. On y retrouve de tout ! Un bowling, une fête foraine, un mini casino, un vaste bar, une salle de sport, des jeux vidéos, de la restauration rapide, des paris sportifs, des lumières qui flashent dans tous les sens … Tout est fait pour accueillir (enfermer) les familles et leurs économies alors qu’il y a pourtant tant de belles choses à découvrir sur l’île …

La fête foraine

La fête foraine

1_11111Nous passerons finalement notre première soirée sur l’île dans le centre de Maspalomas, sorte de gigantesque centre commercial international … des bars, des restaurants, des magasins de souvenirs, des centres de massage ou de spectacle à destination du public masculin homo y foisonnent (Maspalomas est réputé pour le tourisme gay friendly). Nous y cherchons quelque chose de typique canarien ou espagnol mais ne trouvons que des spécialités italiennes, françaises, allemandes, mexicaines, turques, finlandaises … et parfois des restos faisant tout ça à la fois. Nous nous résignons finalement à manger une pizza après quelques tours infructueux et nombre de sollicitations de rabatteurs invasifs pour leur établissement.

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Le gigantisme touristique

Le gigantisme touristique

Une curiosité à découvrir mais sans s’y attarder, les charmes de l’île se trouvent un peu plus loin …

La plage de Guigui

Bien décidés à profiter des beautés de l’île, nous optons pour la côte la plus sauvage, la côte Ouest et la plage de Guigui. La côte Est étant dédiée à la circulation entre Las Palmas et Maspalomas, nous préférons prendre la direction de Tasartico pour y laisser la voiture et accéder à l’une des plus belles plages de l’île.

Assez méconnue, la plage de Guigui est très peu fréquentée car difficile d’accès. On ne peut y aller qu’à pied (ou en bateau éventuellement) par des sentiers abruptes qui nécessitent de passer un col à 580 mètres d’altitude.

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A l'approche du sommet

A l’approche du sommet

2h30 de marche sont annoncés pour 5 km et 350 mètres de dénivelés positifs dans ce sens. Nous attaquerons la montée au pas de course avant de se résigner à marcher dans les forts pourcentages. Les chemins sont escarpés, la pente est glissante de par la présence de nombreux cailloux très fins. La vue sur la montagne est magnifique ! Nous passerons le col au bout de 45 minutes duquel nous apercevons l’océan 500 mètres plus bas.

Plus qu'à descendre vers la plage

Plus qu’à descendre vers la plage

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La descente est plus régulière, le chemin monotrace est très agréable. Nous accédons à la plage après 25 minutes de descente au pas. L’eau est magnifique dans ce corridor entouré de montagnes. Seuls quelques marcheurs s’y croisent ainsi qu’un ermite ukrainien venu s’y retrancher loin de la civilisation nous confia-t-il.

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Malgré la météo maussade, l’occasion est trop belle pour une petite promenade les pieds dans l’eau après un bon pique nique sur la plage.

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Nous la quittons quand apparurent les premières gouttes, 5 km et 580 mètres de dénivelé à gravir dans ce sens. Soucieux de ne pas se refroidir, nous avalerons la montée d’un pas pressé, une bonne mise en jambe pour la course du vendredi.  Nous terminerons la ballade par une longue descente piégeuse dans laquelle nous chuterons 7 fois à 2 (sans bobos heureusement) piégés par ces petits cailloux glissants et probablement aussi, nos chaussures non adaptés à ce type de terrain.

Le Roque Nublo

L’avant-veille de la course, nous décidons d’aller explorer le centre de l’île, sur les hauteurs et notamment le fameux rocher présent sur toutes les cartes postales de la Gran Canaria, le Roque Nublo. L’occasion également de repérer ce qu’il nous attend sur les sentiers de la Transgrancanaria.

Malheureusement comme les jours précédents, plus on s’éloigne de Maspalomas, plus le temps se dégrade … Plus on monte en altitude et moins la visibilité est importante …

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Nous laissons la voiture non loin du rocher pour 1h de marche d’abord sur un chemin pavé montant et très accessible avant que le chemin devienne plus sauvage et un peu plus abrupte mais ne présentant cependant pas de grande difficulté.

Le Roque del Fraile

Le Roque del Fraile

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Après une petite marche, nous atteignons le Roque Nublo à 1800 mètres ou plutôt, le devinons à côté de nous … Le géant basaltique de 4,5 millions d’années est timide et se couvre d’une robe de brume nous privant d’un panorama fantastique à 360 degrés sur l’île …

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Le roque Nublo

Le roque Nublo

Normalement, on aurait dû voir ça :

Le Roque Nublo et ses alentours

Le Roque Nublo et ses alentours

La casa del caminero à Tejeda

Nous nous consolerons en redescendant un petit peu visiter quelques villages typiques des Canaries comme Tejeda et Teror.

Vue de Tejeda

Vue de Tejeda

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Le village de Tejeda offre une très belle vue sur les monts avoisinant (Roque Nublo, Pico de las Nieves) et s’y trouve une petite pépite qu’est le restaurant la casa del caminero.

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Armando nous accueille dans son restaurant avec un français parfait, il nous invite à visiter les lieux et à prendre des photos, il est vrai que le cadre est atypique. Quelques 5 tables uniquement et une salle / atelier dans laquelle l’artiste restaurateur y prépare ses toiles qu’il expose dans son restaurant.

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Les meubles sont anciens, les murs en pierre craquellent sous le poids des années, les odeurs de la cuisine ouverte nous mettent déjà en appétit quand Armando vient nous détailler avec grande précision les plats de la maison.

Nous optons pour une assiette de tapas de jambon serrano accompagné de chorizo et de fromage de brebis local ainsi que des marinades délicieuses de porc et de poulet accompagnées d’un très bon vin espagnol. Un régal.

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3_313_casa_glaceSur le chemin de Las Palmas, nous faisons une petite halte par la jolie ville de Teror où la basilique constitue un lieu de pèlerinage important pour tous les habitants de Grande Canarie.

3_rue_terror3_terorr3_basilique_teror23_escaliers TerorLas Palmas

Las Palmas est la capitale par alternance avec Santa Cruz de Tenerife des Canaries. Les deux villes se transfèrent les pouvoirs tous les 4 ans. La cité est aussi reconnue pour son carnaval qui dure plusieurs semaines en février.

3_laspalmas3_las_palmas1Après un bref passage le long de la côte, nous nous dirigerons vers la vieille ville de Las Palmas pour y arpenter ses rues les plus typiques.

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Nous visiterons la cathédrale Santa Ana et nous nous délecterons des couleurs des différentes bâtisses aux somptueux balcons en bois présents sur chacune d’elles.

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3_333333333333Les dunes de Maspalomas

La veille du départ, petit passage par l’ExpoMeloneras pour récupérer les dossards avant de profiter de la plage et des célèbres dunes de Maspalomas.

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Le marathon de la Transgrancanaria

Veille de course, l’excitation monte, quelques craintes aussi liées à la météo capricieuse des montagnes … Il faudra parcourir 42 km sur un profil descendant (2500 m D- et 1200 D+).

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Le réveil est matinal, un bus doit nous amener dans les routes de montagne au centre de l’île pour le départ de l’épreuve. Il fait très frais, on essaie de couvrir le corps en grande partie en sachant que la température va considérablement s’élever au fil de la course …

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Le départ est donné, les sensations sont excellentes et la montée dans la forêt humide s’effectue très rapidement en doublant jusqu’à atteindre le somment de l’île, le Pico de Las Nieves. La descente est technique mais rapide. Je commence à envisager une course moins prudente au fil des km grâce aux jambes qui réagissent très bien.

Grosse ambiance au départ

Et Crac !

Malheureusement, dans la première des 3 descentes au bout de 7 km, en doublant je fais un petit bond dans la pente négative que je réceptionne de la jambe droite avec une douleur atroce au niveau du genou laissant échapper quelques cris de supplice … Je serre les dents, je ralentis, je boîte … La douleur semble s’estomper. Je reprends ma place dans la course et continue ma remontée comme si de rien était avec une certaine appréhension.

Montée vers le Pico de las Nieves

Montée vers le Pico de las Nieves

Quelques rapides autres alertes me rappellent que la douleur est proche. Je dois me résigner à stopper ma progression, je lève le pied pour une descente plus prudente.

Et re Crac !

Fini les espoirs de performance, je sors mon téléphone pour enregistrer quelques belles images de la somptueuse descente pavée en lacets qui offre un panorama fabuleux sur la montagne quand dans le virage … une foulée un peu trop grande me broie le genou une nouvelle fois au 9e km.

Je dois m’arrêter pour reprendre mes esprits, réfléchir. Peu à peu, la douleur s’estompe à nouveau, le chemin est magnifique, je me sens en pleine forme physique hormis ce genou qui m’abandonne … Abandonner, une option qui m’effleura l’esprit une seconde … quitte à finir en randonneur, je terminerai la course !

La descente pavée (on l'a prise dans l'autre sens)

La descente pavée (on l’a prise dans l’autre sens)

Un calvaire dans les descentes, une envolée dans les ascensions

Je ne mettrai plus un pied devant l’autre en descente. Trop raides, trop techniques, trop dangereuses pour mon genou. Je marcherai jusqu’en bas voyant des flots de coureurs me dépasser en continue. Dur pour le moral après un bon début de course mais malgré tout le moral et le plaisir sont là. Le cadre est magnifique, il fait beau, j’ai le temps, je ne souffre plus …

La seconde montée

La seconde montée

Arrivé au premier ravitaillement, le chemin se raidit enfin, les sensations sont toujours excellentes et je remonte 60 places dans l’ascension en doublant au pas de course avant de tout reperdre dans la descente suivante à nouveau trop rocailleuse pour mon genou …

Un mélange d’euphorie et de frustration

Les jambes répondent mais le genou a lâché, je dois m’écarter du chemin pour laisser passer des hordes continues de trailers dans la descente qui ne trouvent pas l’ouverture pour me dépasser dans un chemin monotrace. Une grande frustration de ne pouvoir embrayer dans ces phases techniques trop douloureuses pour le genou.

Des descentes techniques

Des descentes techniques

La dernière ascension est très régulière et me permet de courir presque jusqu’au sommet quand tout le monde marche. Je reprendrai plus de 90 places dans cette montée et ce malgré la descente qui s’en est suivie et grâce à une sensation de fraîcheur importante qui m’a permis de boucler quelques kilomètres à plus de 10 km/h malgré les pierres instables, les 35 km déjà dans les jambes et la chaleur étouffante.

Je reprendrai des places dans chaque km, les jambes commencent à sérieusement durcir aux alentours du 38e aux abords de Maspalomas mais je finirai en courant me répétant cette petite phrase : « Chaque hectomètre est une victoire, chaque place gagnée une récompense ».

Des dégâts mais beaucoup de plaisir

Je passe la ligne en 310e position sur les 1000 engagés en 5h40. L’impression de passer à côté d’une belle course si le genou avait tenu … Le moral lui a tenu et m’a permis de savourer malgré tout chaque kilomètre de ce marathon.

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Le réveil n’en reste pas moins douloureux. Un genou qui a doublé de volume, impossible de tendre ni de plier la jambe … Une attelle à porter pendant une semaine et surtout beaucoup d’interrogations en attendant les examens …

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Les Canaries pour tous les goûts

Amateurs de plage, de montagne, d’endroits naturels et isolés, d’activités touristiques et luxueuses … Vous trouverez tout ça sur l’île de Gran Canaria. Et pour ceux qui trouveraient l’île trop petite, ses voisines regorgent de particularités à découvrir : les volcans de Lanzarote, l’aride Fuerteventura, les 3700 mètres de Tenerife, les vallées encaissées de La Gomera, les forêts humides de La Palma ou l’île d’El Hierro certainement la plus sauvage de l’archipel.

Toutes mes excuses pour la piètre qualité des photos …

 

 

 

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