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Premières expériences de stop

Quelques rares expériences en stop …

Après quelques timides expériences en Irlande, dans l’Aube et en Corse, et quelques autres en tant que conducteur, j’avais envie d’expérimenter ce mode de transport sur de plus longues distances.

Motivé à la fois par la réduction des frais, de l’impact écologique mais surtout par l’envie de rencontrer du monde et de changer mes habitudes de voyage, j’ai souhaité franchir un premier cap dans mes envies de voyages alternatifs.

Premier stop « longue distance » …

Avant d’aller frapper aux portes pour demander le gîte, le couvert et de riches expériences inattendues de partage, j’ai testé le stop entre deux étapes de mes vacances estivales entre les Ménuires où je quittais un ami après de belles randonnées alpestres et Aix en Provence pour la suite des vacances (soit 460 km).

Stop-menuires-aix-en-provence

Des Ménuires jusqu’à Aix

Des Ménuires jusqu’à Chambéry …

Le premier relai a été effectué par un ami qui m’a déposé au centre de Chambéry où j’ai pu trouver dans les poubelles un morceau de carton que j’ai tâché de rendre facile et agréable à la lecture.

De Chambéry à Valence …

Difficile de trouver une voiture descendant plusieurs centaines de kilomètres vers le sud en étant en plein centre ville d’une grosse ville. J’ai cherché ma destination et ai marché plusieurs kilomètres (en levant le pouce au cas où) vers la sortie de la ville.

Après 25 minutes de marche, parvenu à sortir de Chambéry, un couple d’une quarantaine d’année s’arrête et me propose de m’emmener jusqu’à Valence (160 km plus loin) dans un immense van bien rempli. Nous discutons et ils me confient qu’ils habitent Chambéry mais qu’ils ont fait leurs études à Reims, ville que j’habite depuis 10 ans. Le monde est petit, pensait-on. Le voyage est très agréable, je lis le canard enchaîné durant leur trajet qui doit les emmener chez leurs amis à Béziers avant de rejoindre Barcelone un peu plus tard.

De Valence à Orange …

Arrivé à Valence, la faim me guète, je m’éloigne un peu de la route pour manger un morceau et me placer à l’entrée de l’autoroute avec mon carton réactualisé : « Aix en Provence ».

J’y rencontre une espagnole qui lève le pouce également dans la direction opposée souhaitant progresser vers Paris. Nous convenons dans la langue de Shakespeare de nous entraider à trouver une voiture selon la direction des automobilistes prêts à accueillir un passager.

3 minutes d’attente à peine, une voiture s’arrête, pas de chance pour ma collègue, direction sud, j’embarque avec deux magrébins très sympathiques qui me conduisent très vite tel un pilote de rallye (sa conduite n’était pas franchement rassurante) à Orange 100 km plus loin. Le trajet bien que rapide est très agréable, on me propose eau et madeleines pour me restaurer et me mettre à l’aise sur la route d’un papa qui fait l’aller retour Grenoble / Vaison-la-Romaine (400 km aller-retour) pour déposer sa fille à sa mère dont il est séparé.

D’orange à Aix-en-Provence …

Me voilà à Orange, déposé à la sortie de l’autoroute (et donc à l’entrée pour repartir dans l’autre sens). Je tends mon carton et un chauffeur routier malgache me fait signe 2 minutes à peine après les premières agitations de pouce, un parcours sans faute puisqu’il m’emmènera jusqu’à destination (100 km).

Je garde un grand souvenir de ce chauffeur très amical avec qui j’ai appris beaucoup de choses et aussi beaucoup rigolé. Il est ancien militaire reconverti dans la gestion des chauffeurs routiers dans l’entreprise. Il prend le volant cette fois pour remplacer son ami en vacances. Curieux, je lui demande de me parler de son vécu à l’armée. Il prend sa retraire après 15 ans de légion où il a enchaîné les missions au Congo, Afghanistan ou encore au Kosovo dont il me détaille les très périlleuses missions qui, me confie t-il avec émotion, ont coûté la vie à plusieurs de ses amis face à l’armée serbe. Ils les repoussent malgré tout à 3 km de la frontière en attaquant de nuit où seul l’infanterie pouvait avancer tant cela était peu circulable et jonché de mines qu’il fallait détecter.

Cela a duré 3 semaines, la 4e étant réservé pour lui à une semaine de perm en Grèce où il me raconte avec beaucoup d’humour que leurs supérieurs les invitait à rencontrer des femmes en distribuant nombre de préservatifs avec l’interdiction malgré tout de dormir hors de la caserne. Repos le jour et nuits en boîte avant de pénétrer les maisons closes où lui le tout petit choisit la plus grande, une russe ce qui l’amuse beaucoup.

Ce qui m’a marqué, c’est sa facilité à s’ouvrir à l’inconnu, l’échange était cordial avec les précédents, ici elle est très vite devenue amicale. Se dirigeant initialement à Marseille, il n’a pas hésité à faire un détour par Aix en Provence avec son camion pour m’y déposer et me faciliter la tâche. Les au revoirs sont chaleureux et se font avec sourire et un « check » moins formel qu’une poignée de main.

Expérimentation du stop de nuit à Paris …

Les vacances terminées, je choisis cette fois de rentrer à Paris par le train au départ d’Aix. J’arrive dans la capitale à 23h30, il n’y a plus de trains pour Reims, je n’ai plus de téléphone, brisé après une soirée dansée sur la place du village.

Ayant peu d’alternatives, je choisis de rentrer à Reims en stop, de nuit.

Je m’oriente vers porte de Bercy en espérant trouvant un endroit le long de l’A4 menant à Reims pour y faire du stop. Après plusieurs kilomètres, je perds mes illusions et comprend que je ne pourrais rien espérer avant la première barrière de péage à … Coutevroult / Marne la Vallée 25 km plus loin !

Demi tour, j’attrape in extremis le dernier RER à 0h30 qui ne peut m’emmener qu’à Torcy, encore 17 km à faire !

Je pénètre sur l’autoroute et commence à la longer, à pied, de nuit, derrière la barrière de sécurité. Je me dis que c’est trop dangereux et que ça va être trop long, je fais demi-tour et tente une grande route en espérant y trouvant une ville, des voitures …

2 km, et rien … Nouveau volte-face, je retourne sur l’autoroute et me résous à marcher jusqu’au péage. Derrière la barrière, c’est assez circulable, parfois des broussailles bloquent le passage et me contraignent à courir le long de la bande d’arrêt d’urgence quand le trafic est faible (nul) afin de ne pas surprendre les voitures passant à toute vitesse. Je remjambe la barrière et progresse, je n’ai aucune lumière, je chute dans un talus un mettant un pied sur le devers que je n’avais vu. Aucun bobo je me relève et continue en tendant malgré tout mon morceau de carton préparé à la sortie de la gare avec peu d’espoir.

Malgré tout, une voiture s’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence. Surpris, je mets quelques secondes à comprendre que c’est pour moi et en mets d’autres le temps de courir la rejoindre. Surpris, ils me confient qu’on me voit à peine en passant à côté, ils me proposent de m’avancer un peu hélas ils devaient prendre la sortie 500 mètres plus loin. Très sympas, ils proposent de faire un petit détour et de me déposer un peu plus loin à l’avant dernière sortie avant le péage, le temps de faire 3, 4 km en voiture.

Ils me déposent à la sortie et je rentre aussi tôt sur l’autoroute pour parcourir les 5 derniers kilomètres qui me mènent  au péage que j’atteins vers 3h du matin. Enfin ! Me voilà au péage à faire du stop à 3h pour rentrer à Reims avec mon carton. Je croise beaucoup d’étrangers, beaucoup de vacanciers sur la route du retour qui me regardent désolé de ne pouvoir me prendre avec toutes leurs bagages.

Une bonne heure 30 plus tard, un jeune gendarme me propose de l’accompagner jusqu’à Reims, ouf ! Le voyage est beaucoup moins drôle que l’arrivée à Aix, l’homme parle très peu et est assez rigide. Pas grave, je vais pouvoir finir la nuit dans mon lit et cette fois, c’est bien le plus important !

Première étape bouclée, le stop ! Ca se passe très bien, c’est efficace et c’est un chouette moyen de rencontrer du monde. Prochain défi, aller partager des moments directement chez l’habitant.

Et de votre côté, avez vous de drôles d’anecdotes de stop ?

2 reflexions sur “Premières expériences de stop

  1. Anick-Marie

    Ouh-là ! S’il fallait que je les raconte toutes ! C’était ta première ? N’oublies pas que tu peux te servir des cartes d’hitchwiki pour trouver des points de sortie testés et approuvés hors de villes et aider la communauté des stoppeurs. Solidarité !

    Pour ma part, je relate mes histoires en stop sur le site Moi, mes souliers sauf quand c’est pour illustrer un point précis sur le stop ou le voyage alternatif !

    1. Germain Godin Auteur de l'article

      Merci Anick-Marie pour les cartes hitchwiki, j’ai découvert ça depuis peu et c’est vrai que cela peut être très utile !
      J’espère que ta main et ta côte va bien, j’ai lu qu’il t’était arrivé beaucoup de mésaventures dans tes chouettes périples !

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