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Visite du camp d’Auschwitz-Birkenau

Auschwitz-Birkenau

La visite incontournable en séjournant à Cracovie (retrouver l’article sur Cracovie et Zakopane ici), c’est le camp d’Auschwitz-Birkenau. Le site est accessible en train depuis Cracovie (distant de 70 km), nous préfèrerons opter pour une location de voiture pour la semaine (attention tolérance alcool zéro en Pologne !).

Après avoir visité le camp de Dachau en Allemagne quelques mois auparavant, nous étions préparés à l’horreur des camps de la mort … Malgré ça, le malaise devant tant de cruauté et de barbarie était encore vif au fil de la visite effectuée avec un guide francophone.

Arbeit macht frei, le camp d’Auschwitz I

"Le travail rend libre"

« Le travail rend libre »

Le camp d’Auschwitz se situe à Oświęcim (Auschwitz en allemand) à 70 km de Cracovie. Il a été créé en avril 1940 à l’initiative d’Himmler. Originalement camp de concentration et il a été complété d’un camp d’extermination fin 41, le camp d’Auschwitz II à Birkenau. Le camp d’Auschwitz I, construit par 10 000 prisonniers soviétiques, était d’abord destiné aux prisonniers de guerre et aux opposants politiques avant d’y accueillir massivement des juifs et quelques résistants.

Quand nous arrivons sur les lieux, nous découvrons la tristement célèbre entrée du camp portant les mots « Arbeit macht frei » le travail rend libre. Un des nombreux moyens pervers de manipuler les esprits des prisonniers en les rendant dociles et en leur promettant la libération une fois leur tâche achevée. C’est aussi dans cette optique là que toutes les valises des nouveaux arrivants étaient complétées par les noms et adresses des propriétaires afin de leur faire croire à une issue libre.

Nous pénétrons le camp et découvrons les baraquements en briques rouges. Plusieurs rangées de grillages barbelés délimitent le camp. Nous entrons dans certains blocs où nous y attendent témoignages écrits, photos, documents d’époque accompagnés des précieux commentaires de notre guide.

Baraquements du camp

Baraquements du camp

Dans l’un des blocs, nous retrouvons des capsules vides de Zyklon B, originellement un pesticide utilisé couramment par l’armée allemande pour nettoyer la vermine des baraquements avant d’être utilisé pour les chambres à gaz suite à diverses expérimentations sur les détenus. Les pièces suivantes nous montre le classement méticuleux des SS qui trient toutes les possessions des prisonniers, les lunettes, les prothèses, ustensiles de cuisine, les valises marquées, chaussures, cheveux coupés etc …

Capsules de Ziklon B

Capsules de Ziklon B

Valises marquées

Valises marquées

En resortant, nous apercevons le peloton d’exécution ainsi qu’une potence plus loin pour les exécutions publics.

Peloton d'exécution

Peloton d’exécution

La visite nous emmène ensuite dans la chambre à gaz que les allemands n’ont pas fait sauté contrairement à Birkenau pour cacher les traces du génocide car elle servait également de bunker en cas d’attaque aérienne. L’atmosphère dans la chambre à gaz est lourde et impossible de ne pas s’imaginer toutes les horreurs perpétrées en ces lieux …. Juxtaposée à la chambre, se trouve la pièce des fours crématoires au nombre de 3.

Entrée de la chambre à gaz

Entrée de la chambre à gaz

Chambre à gaz

Chambre à gaz

Fours crématoires

Fours crématoires

Nous emprunterons un bus pour nous mener à Brzezinka (Birkenau en allemand) éloigné de 3 km du camp d’Auschwitz.

Auschwitz II, le camp de Birkenau

Le camp de Birkenau (Auschwitz II) est le plus plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et d’extermination. En cinq années, plus d’un million cent mille hommes, femmes et enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 le jour même de leur arrivée, en général par train. Sur l’ensemble des victimes, 90 % d’entre elles étaient juives, assassinées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d’expériences médicales.

L'arrivée du train à Birkenau

L’arrivée du train à Birkenau

A notre arrivée, nous reconnaissons là aussi, le tristement célèbre bâtiment présent dans tous les manuels d’histoire représentant l’arrivée des trains de déportés dans l’enceinte du camp de Birkenau. Nous pénétrons le camp et le guide nous explique le devenir immédiat des déportés à leur descente du train.

Wagon de déportation

Wagon de déportation

Ils sont triés par un officier allemand, la « Selektion », d’un côté les faibles, les malades, les plus âgés, les femmes enceintes et les enfants de moins de 15 ans (défini subjectivement par l’officier) qui seront directement emmenés dans l’une des 4 chambres à gaz du camp. Les plus robustes seront destinés au travail forcé dans des conditions absolument inhumaines et auxquelles il était impossible de survivre plus de quelques mois.

Tri des arrivants

Tri des arrivants

Les prisonniers commençaient la journée à 4h30 le matin avec l’appel qui durait 3h à se tenir debout, dans le froid, sans bouger sous peine d’être exécuté. Pendant ce temps, les gardes pouvaient infliger des punitions pour un bouton manquant, une gamelle mal nettoyée … La mort sévissait à chaque appel.

La journée de travail d’un détenu durait 12h sans la moindre pause. Un prisonnier était même affecté au chronométrage du temps passé aux latrines (toilettes) afin que cela soit expéditif pour les détenus. Les tâches étaient souvent consacrées à la construction du camp, ou à l’extraction de gravats ou de bois.

Plaque commémorative

Plaque commémorative

Dans les baraquements, les détenus étaient en surnombre (800 à 1000 par baraquement !!) et devaient dormir les uns sur les autres sur trois niveaux. Les plus robustes dormaient en haut, quand les plus faibles se contentaient des places du bas héritant des déjections dégoulinantes des étages supérieures mêlées à la compagnie des rats, atroce. L’hiver, un système de chauffage permettait uniquement de maintenir une température minimale pour limiter le nombre de décès par hypothermie.

Les baraquements des détenus

Les baraquements des détenus

L’intérieur du camp était un immense terrain de boue, pas le moindre centimètre d’herbe ou de neige car, comme nous l’expliquait notre guide, les détenus l’auraient mangé. Les rations étaient drastiquement minimes, une boisson chaude le matin sans nourriture, une soupe claire sans viande le midi et le soir un quignon de pain rassis.

Les conditions sanitaires étaient calamiteuses et les épidémies de typhus et autres maladies faisaient des ravages chez les détenus. Autre ignominie, la cellule-debout ou pouvaient être enfermés des prisonniers dans une pièce tellement étroite que seule la position debout est possible.

Latrines des prisonniers

Latrines des prisonniers

Nous poursuivons la visite en découvrant les chambres à gaz que les nazis ont fait sauter avant leur départ pour effacer les traces de leur cruauté.

Chambre à gaz dynamitée

Chambre à gaz dynamitée

Le guide nous confie que les alliés avaient connaissance du génocide bien avant la libération en 1942 grâce à des reconnaissances aériennes. Churchill souhaita un temps passer à l’attaque en bombardant le camp mais se rétracta de peur de tuer des détenus et aussi parce que le camp ne constituait pas une cible militaire prioritaire.

Une visite que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Infos pratiques :

Horaires d’ouverture : 7h30 / 17h

Visite guidée : Arriver 30 min avant la visite (3h30 de visite), Visite en français à 11h45 si disponibilités

Réserver : https://visit.auschwitz.org/rezerwacja/termin.html?idg=1&miesiac=2018-03-06

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